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Posté le 11/01/2019 à 06:00 par Philippe Schwoerer - Lu 2386 fois - 5 commentaires


Appel à manifestation d’intérêt pour un projet européen de batteries


A la suite de la sixième réunion annuelle des Amis de l’industrie qui regroupe 18 pays européens, et au cours duquel la France et l’Allemagne ont signé un accord fondateur du lancement de l’Airbus des batteries, la DGE (Direction générale des entreprises), qui dépend du ministère de l’Economie et des Finances, vient de lancer « un appel à manifestation d’intérêt pour un projet d’envergure européenne sur la conception et la production de cellules et modules de batteries de nouvelle génération ». L’opération est ouverte jusqu’au 31 janvier 2019 (Page Web dédiée).

Des besoins en batteries qui explosent

« La transition énergétique conduit à une très forte croissance des besoins en batteries pour les applications de mobilité (électrification des véhicules) et stationnaires. Compte tenu du caractère stratégique de ce secteur et de son poids économique, l’émergence d’une offre industrielle française et européenne dans le domaine des batteries est un chantier prioritaire du gouvernement », présente le service de communication de la DGE. Les pays asiatiques, comme la Chine et la Corée, sont devenus des acteurs quasi incontournables dans les filières concernées, dont certaines, celle des énergies renouvelables et celle de la mobilité électrique, portent aussi les espoirs d’une libération de la dépendance aux pays producteurs de pétrole. Et ce n’est pas pour reproduire un scénario similaire avec d’autres territoires.

Airbus des batteries

L’idée d’un programme connu sous l’appellation de « Airbus des batteries » poursuit son chemin. C’est dans ce cadre qu’un accord a été signé le 18 décembre 2018 par Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances, et Peter Altmaier, ministre fédéral allemand des Affaires économiques et de l’Energie, comme un engagement initial à accroître les capacités industrielles des 2 pays, au service de l’Union européenne. Le rapprochement vise également à développer l’emploi, à mesure que se met en place une filière de production des batteries plus vertueuse pour l’environnement et la santé publique, et de nature à assurer pour l’Europe la disponibilité d’accumulateurs nécessaires au développement de la mobilité électrique et des énergies renouvelables pour lesquelles ils constituent un moyen de stockage privilégié à ce jour.

Caractéristiques pour des batteries européennes

Bruno Le Maire et Peter Altmaier ont identifié et consigné dans leur protocole d’accord les caractéristiques principales et incontournables des batteries qui seront à l’avenir produites sur le territoire à travers le projet européen qu’ils soutiennent. Parmi elles : fournir une densité énergétique et des performances élevées à des prix compétitifs ; être dotées d’une longue durée de vie et d’un grand nombre de cycles de décharge/recharge ; être fabriquées et éliminées en fin de vie de manière durable et compatible avec l’environnement (faible empreinte carbone, haut niveau de recyclabilité) ; être produites dans des conditions de travail équitables sur l’ensemble de la chaîne de valeur, depuis l’extraction des matières premières jusqu’à l’élimination des batteries.

PIIEC

Tous les acteurs concernés, depuis les instituts de recherche jusqu’aux industriels européens, vont être sollicités, sous le regard de la Commission européenne, dans la cadre d’un vaste projet dynamisé par la France et l’Allemagne. D’où une probable qualification en projet important d’intérêt européen commun (PIIEC). C’est donc dans ce contexte que « la Direction générale des entreprises lance un appel à manifestation d’intérêt (AMI) dont la finalité est d’identifier les entreprises qui pourraient participer, sur le territoire français, à ce premier projet d’envergure concernant la conception et la production en Europe de cellules et de modules de batteries innovantes et respectueuses de l’environnement, en lien avec des partenaires d’autres Etats membres ». Attention : « Cet AMI n’est assorti d’aucun accompagnement financier », précise la DGE.

Aux entreprises inscrites dans la chaîne de valeur

Première des conditions de participation à ce PIIEC : « L’entreprise doit s’inscrire dans la chaîne de valeur (de la production des matières premières nécessaires à la fabrication des différents composant de la cellule jusqu’au recyclage des batteries) visant à la production industrielle innovante et respectueuse de l’environnement des cellules et modules de batteries en Europe. Elle doit avoir un projet d’investissement en France dans le cadre du projet ; en particulier le projet technique de l’entreprise portera conjointement sur la R&D et la phase de premier déploiement industriel de nouvelles technologies développées dans le cadre du PIIEC s’intégrant dans la production de cellules et modules de batteries, et plus particulièrement les batteries lithium-ion ».

Projet innovant

Les entreprises, qui s’assureront au préalable d’être dans une dynamique partenariale avant de déposer leur dossier, devront y présenter un projet technique comportant « de fortes innovations par rapport à l’état de l’art mondial dans le domaine ». Protégées on non par un titre ou un droit de propriété intellectuelle, les connaissances nouvelles acquises dans le cadre du PIIEC devront être largement diffusées pour une possible exploitation par d’autres entreprises installées sur le territoire de l’Union européenne. A noter que « le projet technique de l’entreprise doit être cofinancé par l’entreprise bénéficiaire et peut également être cofinancé sur fonds européens ».


Mots clés : batterie | AMI | appel | projet | Europe | DGE
Catégories : Batterie |

Commentaires

Posté le 11-01-2019 à 16:09:32 par Daniel

C’est bien, mais c’est aussi bien ... tard. Mais bon, il paraît que mieux vaut tard que jamais. Alors espérons à cet Airbus de la batterie autant de succès que l’Airbus aérien.

Posté le 12-01-2019 à 16:01:34 par nouh

L’Europe sème le chaud et le froid sur ses constructeurs automobiles.
Hier, la commission européenne durcit encore les normes sur les moteurs thermiques avec des pénalités importantes, alors que cela ne changera rien à la pollution mondiale mais par contre cela va une nouvelle fois affaiblir tous les constructeurs européens. Pire la commission agit de la sorte pour renforcer la part de l’électrique, mais l’électrique actuelle est en majorité basé sur des technologies asiatiques(batteries, électroniques, moteurs) et sur les terres rares principalement de Chine.
Aujourd’hui l’Europe soutient la création de l’Airbus des batteries. Très bien, mais rien n’est fait et un minimum de 3 ans seront nécessaires pour voir sortir les batteries européennes et en attendant, les batteries et les technologies viendront des pays asiatiques et nos constructeurs européens seront les dindons car affaiblis par les dépenses importantes pour développer une gamme électrique afin de ne pas être pénalisés par les normes du thermiques, mais aussi dépolluer encore et encore des moteurs thermiques déjà à la pointe au niveau mondiale avant le dernier durcissement.
Le monde se dirige lentement vers une récession mondiale et l’industrie automobile européenne risque fort d’être la proie des asiatiques alors que notre "airbus des batteries" n’aura pas encore sorti une batterie. Bien sur, nos bobos écolos applaudissent mais le peuple des moins aisés ne peut pas se payer, ni les derniers modèles thermiques, non plus les hybrides et encore moins les modèles électriques.
Un peu de sérieux ne serait pas de trop car l’écologie c’est l’affaire de tout le monde, pas seulement des plus aisés et/ou des habitants des très grandes villes!!!
L’avenir le dira, mais nos politiques montrent encore une fois leur incompétences à planifier,programmer leurs décisions et surtout le manque de dialogue entre commission européenne et constructeurs est affligeant même si nos constructeurs sont loin d’être tout blanc dans ces manquements en ayant démontré dans un passé proche que contourner les normes était une de leurs priorités(VW, mais pas que lui)., mais la commission européenne peut entendre des spécialistes indépendants avant de prendre des décisions aberrantes!!!

Alors l’Airbus de la batterie" pourquoi pas, mais il est peut-être déjà trop tard. Et surtout, quelle technologie développer en premier??
Je suis favorable depuis plusieurs années à une recherche européenne mais on ne peut pas s’occuper des fromages, fleurs, etc... et .........des technologies de demain.

Posté le 14-01-2019 à 21:30:02 par FATAY

Bonsoir mesdames et monsieur.
Je veux bien postuler à ce concours mais je suis Camerounais et Africain
J’ai une solution pour avoir les batteries durables et non polluantes.
Si vous pouvez permettre que je puisse postuler.
Merci

Posté le 15-01-2019 à 10:42:45 par JF SIMON

Il y a une grande différence entre les constructeurs allemands qui on toujours préservés une valeur ajoutée fort sur le territoire allemand et les constructeurs français qui ont fortement délocalisé : assemblage des véhicules, organes mécaniques , composants et ingénierie.
Le passage progressif aux électriques ou plutôt aux hybrides rechargeables exigera une transformation mais ne devrait pas faire perdre de valeur ajoutée aux constructeurs s’ils s’y préparent ( hors batterie)
La filière batterie peut apporter au contraire un complément d’activité se substituant à de l’importation pétrolière.
Nous disposons en France d’atout importants en matière de recherche ( CEA LITEN , CNRS) mais nous sommes très en retard en matière d’industrialisation.
Est-il trop tard ? je ne le crois pas, mais il faudra accepter d’investir dans les différentes générations qui se préparent et de partager les risques entre des grands groupes comme TOTAL, les constructeurs et la puissance publique.
Ne nous faisons pas d’illusions , dans le cas français , sans le retour d’un état stratège le développement de cette filière ne sera pas à la hauteur des enjeux.

Posté le 15-01-2019 à 10:42:45 par JF SIMON

Il y a une grande différence entre les constructeurs allemands qui on toujours préservés une valeur ajoutée fort sur le territoire allemand et les constructeurs français qui ont fortement délocalisé : assemblage des véhicules, organes mécaniques , composants et ingénierie.
Le passage progressif aux électriques ou plutôt aux hybrides rechargeables exigera une transformation mais ne devrait pas faire perdre de valeur ajoutée aux constructeurs s’ils s’y préparent ( hors batterie)
La filière batterie peut apporter au contraire un complément d’activité se substituant à de l’importation pétrolière.
Nous disposons en France d’atout importants en matière de recherche ( CEA LITEN , CNRS) mais nous sommes très en retard en matière d’industrialisation.
Est-il trop tard ? je ne le crois pas, mais il faudra accepter d’investir dans les différentes générations qui se préparent et de partager les risques entre des grands groupes comme TOTAL, les constructeurs et la puissance publique.
Ne nous faisons pas d’illusions , dans le cas français , sans le retour d’un état stratège le développement de cette filière ne sera pas à la hauteur des enjeux.



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