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Posté le 08/04/2016 à 14:09 par Philippe Schwoerer - Lu 5381 fois - 11 commentaires


Fessenheim et Tesla : Un inutile dérapage de communication


Depuis quelques jours, les médias généralistes ou spécialisés dans l’automobile se font l’écho des déclarations de Ségolène Royal, ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, selon lesquelles Tesla pourrait implanter une usine sur le site de l’actuelle centrale nucléaire de Fessenheim (68). Une association des genres qui paraît malheureuse, tant nombre de détracteurs des véhicules électriques appuient leurs discours sur le fait qu’en France l’énergie produite pour les faire avancer vient majoritairement de l’atome. Mais aussi parce qu’elle est très éloignée des idéaux affichés par Elon Musk qui, par ailleurs, souhaite maîtriser les annonces concernant ses entreprises.

Depuis 1978

Mise en service tout début 1978, la centrale nucléaire de Fessenheim alimente les craintes et querelles des deux côtés du Rhin. Pour certains, elle n’est plus fiable et il faut la fermer de suite. Pour les autorités, son état permet de la conserver encore quelques années en activité. Un temps annoncée pour 2016, la fermeture de l’établissement frontalier a été repoussée dans une certaine cacophonie ministérielle. Pour autant, nombre d’élus, en France, comme en Allemagne, pensent déjà à l’avenir du site, qui pourrait être imaginé dans un partenariat entre les 2 pays. Ségolène Royal, que l’on sait convaincue des bienfaits de la mobilité électrique, affirme être toujours en relation avec les dirigeants de Tesla, après une première invite : « J’ai un endroit pour vous, Fessenheim ! ». Tout l’espoir de la ministre, et les articles rédigés sur le sujet, s’appuient sur son propre commentaire : « Il n’a pas dit non ! ».

De 50.000 à 500.000

L’objectif de Tesla est de produire à horizon 2020 environ 500.000 véhicules, contre 50.000 actuellement. Le constructeur de Palo Alto chercherait donc à ouvrir de nouvelles usines, dont une en Europe. En s’y prenant dès maintenant, la centrale de Fessenheim pourrait-elle être démantelée suffisamment tôt pour qu’une usine automobile d’envergure soit opérationnelle bien en amont de cette échéance ? Ce n’est pas gagné d’avance ! Mais s’il fallait essayer de réussir ce challenge, c’est bien tout de suite qu’il faudrait lancer le scénario. Le site de Fessenheim, à la frontière avec l’Allemagne, et à moins de 200 kilomètres de la Suisse, offre, il est vrai, une situation particulière et intéressante, notamment grâce au Rhin qui permet d’envisager quelques acheminements par voie fluviale. Mais Elon Musk aura besoin de certitudes, et surtout d’un grand espace véritablement disponible très vite !

Tesla et nucléaire !?

Curieusement, les sites du réseau Sortir du nucléaire et de L’Observatoire du nucléaire n’ont pas encore relayé à leur manière l’information. Est-ce que la situation leur poserait un problème de communication ? D’un côté, le scénario envisagé par la ministre pourrait formaliser plus hâtivement la fermeture de la centrale de Fessenheim ; de l’autre, on introduit sur le territoire une production de masse qui, pour certains, signifie un peu tout de même de faire entrer le loup dans la bergerie. Les détracteurs du véhicule électrique au seul prétexte qu’elle favorise l’industrie nucléaire ne peuvent que souligner un symbole négatif dans l’implantation d’une usine Tesla en lieu et place de l’établissement de plus en plus contesté, qu’ils chercheront très certainement à exploiter. Que doit-on penser, par exemple, du dessin de Chaunu publié dans l’édition du mercredi 6 avril de Ouest-France ? Devant le « Garage Tesla Fessenheim », un agent revêtu d’une combinaison antiradiation, observant ce qui se passe sous le capot, donne son diagnostic à Ségolène Royal sur la panne de la voiture électrique : « Y’a une fuite dans le réacteur central ! ». Et d’un ! Elon Musk, dont on connaît les positions favorables au développement des énergies renouvelables, ne souhaitera pas encourager la polémique. Chez Tesla, on soigne l’image de l’entreprise et de ses productions. Pas question de risquer une critique destructrice inutilement !

Poids sur l’emploi

Selon Ségolène Royal, « une centrale nucléaire comme Fessenheim, c’est 2.000 emplois, c’est 2.000 personnes, c’est 2.000 salariés ». Mais combien de ceux aujourd’hui mobilisés par le site pourront effectivement travailler chez Tesla si le constructeur implantait effectivement son usine sur place ? On n’imagine pas du tout Elon Musk se lancer dans une négociation qui imposerait de reprendre un minimum de personnel vivant aujourd’hui et ici de l’atome.

Une initiative alsacienne

« Depuis deux ans, quelques alsaciens manoeuvrent dans l’ombre pour convaincre le constructeur de la berline électrique d’implanter une usine au carrefour de l’Europe », titrent Les Echos, dans un article mis en ligne le 5 février 2016, et traitant du travail réalisé dans l’ombre pour faire venir Tesla dans l’Est de la France. La nouvelle génération des entrepreneurs, séduit par Elon Musk, exploite « les réseaux sociaux pour approcher le charismatique patron de Tesla dont l’audace fait rêver ».

Une communication qui dérape

Ségolène Royal n’est donc pas à l’origine de l’affaire, qu’elle risque plutôt de compliquer en se prononçant trop formellement et ouvertement dessus. Chez Tesla, on avance d’abord avec discrétion, et on aime ensuite parfaitement maîtriser la communication ! « Des hommes comme Musk n’ont pas besoin de politiciens pour les aider. Je crois même qu’ils les évitent au maximum car ils savent très bien qu’il y a toujours des contreparties », peut-on lire sur le forum MacGénération dans un commentaire signé madaniso et déposé à la suite d’un article sur le sujet. Voilà qui résume parfaitement bien en quoi l’appropriation par Ségolène Royal du travail de persévérance et de fourmis réalisé par quelques entrepreneurs alsaciens est un problème pour les 2 parties désormais prises au piège par un éclairage médiatique et de communication aussi précipité qu’improductif. « Il faut donner un espoir au territoire », a dit la ministre !? Sans doute, mais il faut aussi parfois laisser travailler les équipes de l’ombre, plus pérennes et impactées !


Mots clés : véhicule électrique | voiture électrique | Tesla | Fessenheim | Ségolène Royal | Elon Musk | nucléaire | usine | Alsace
Catégories : Voiture électrique |

Commentaires

Posté le 09-04-2016 à 08:04:15 par Daniel

Vu les mauvais résultats de sa gestion en tant que présidente de région, chose révélée par les élus de son propre camp, Ségolène ferait mieux de ne s’occuper de rien et de laisser faire les gens compétents. Si en plus on pense à l’échec de sa Mia ... De toute manière, d’ici à ce que Tesla implante une usine en Alsace, si cela devait se faire, Ségolène aura disparu des radars politiques. Et c’est tant mieux.

Posté le 09-04-2016 à 15:55:32 par Marlot

Tout l’espoir de la ministre,......, s’appuie sur son propre commentaire : « Il n’a pas dit non ! ».
Elon Musk est un homme très poli ; partout où il passe, une nuée d’industriels et de politiciens lui tombent dessus pour lui suggérer d’investir dans le coin et chaque fois, il ne dit pas non.
Aux U.S.A., il a visité plusieurs États avant de décider où implanter sa Gigafactory pour la fabrication de batteries. Partout, il n’a pas dit non,les États se sont livrés une bataille de "charme" et puis Elon Musk a dit : Ce sera au Nevada !".
Pour construire le Model S, il a racheté une usine de montage abandonnée à Fremont, Ca, par GM et Toyota. Pour avoir les capacités de produire 500.000 voitures par an, il est évident qu’il préférera racheter une usine de montage de voitures ; en Belgique, on lui a montré les sites abandonnés à Anvers par GM et à Genk par Ford. Et là aussi, il n’a pas dit non !

Posté le 10-04-2016 à 11:20:01 par Christophe

@Daniel
Avez-vu des éléments tangibles, ne provenant pas des médias ou de ceux qui ont lancé l’information, confirmant vos dires ?
Savez-vous que l’ex-région P-C était l’une des deux appliquant le taux le plus bas sur la taxe carburant : http://www.lanouvellerepublique.fr/Deux-Sevres/Actualite/Economie-social/n/Contenus/Articles/2015/12/31/La-taxe-regionale-a-la-pompe-attendra-2580075
Autant dire qu’en la mettant au niveau de l’Aquitaine, c’est au bas mot 40 millions d’euros qui rentrent par an.
Et à mon avis cette manne va durer encore longtemps.

Tesla c’est un peu l’anti-politique de l’ancienne présidente de P-C notamment quand on pense à la Mia (minimaliste et qui s’adresse au plus grand nombre notamment quand elle est disponible en autopartage).

Un VE n’a d’intérêt pour réduire l’effet de serre que si il est rechargé avec une électricité faiblement carboné. Et pour l’instant il y a deux cas pour répondre à ce critère :
- électricité massivement nucléaire : France par exemple,
- électricité massivement renouvelable et non intermittente : Suisse par exemple avec ses barrages hydroélectriques ou Islande avec sa géothermie.
Pour moi associer électricité renouvelable avec VE pour réduire l’effet de serre, c’est juste du marketing.

Posté le 10-04-2016 à 14:30:14 par Rickobotics

"Pour moi associer électricité renouvelable avec VE pour réduire l’effet de serre, c’est juste du marketing."
no comment !!

"électricité massivement renouvelable et non intermittente"
Justement le VE permet d’éliminer le pb d’intermittence. En journée les VE sont à l’arrêt branchés sur les lieux de travail, lors des pics ils sont branchés à la maison et équilibre le réseau et le soir se rechargent de nouveau grâce au vent. Le VE joue comme formidable batterie tampon. C’est même assez simple, sans VE, pas de prod 100% ENR possibles ...

Posté le 11-04-2016 à 07:51:14 par Christophe

@Rickobotics
Tu peux me dire où ta solution est déjà mise en place et quel constructeur autorise à utiliser ses batteries en stationnaire ?

Seul l’autopartage permet de faire ce que tu dis. Et seul Bolloré est propriétaire de toute la chaîne et peut le faire.
Justement les véhicules de Regionlib (service d’autopartage mis en oeuvre par Ségolène Royal) sont rechargés par de l’électricité renouvelable, cependant la solution que tu décris n’est pas mise en oeuvre parce que les constructeurs des véhicules ne l’autorisent pas (des Mia et des Renault). Il y a maintenant 5 Zoe (2 à Niort, 1 à Saintes, 1 à Angoulème) et 2 kangoo (1 maxi. à Niort et 1 à Angoulème), le service Mobilivolt ayant été repris par Regionlib.

"C’est même assez simple, sans VE, pas de prod 100% ENR possibles ..." et l’Islande alors et plus proche de nous la CFF. C’est déjà possible mais ce ne sont pas des moyens de locomotion éminemment individuel, c’est pour cela que tu ne veux pas le voir.

Posté le 13-04-2016 à 19:09:55 par Rickobotics

Renault expérimente déjà du V2G avec des Zoé en autopartage aux Pays-bas. Mais il n’y a pas que l’autopartage qui le permet. Qu’est ce qui empêche un VP de redonner de l’énergie au réseau lors des pointes ?? Pour l’instant ce n’est pas utilisé car nom rentable, les batteries ESS de stockage dédié au stationnaire arrivent à peine et le marché du VE n’est pas encore assez développé, mais il faut voir plus loin que sur 2-3 ans ...
L’islande produit à 70% avec de l’hydraulique et 30% avec de la géothermie, donc ENR sans intermittence du fait d’une situation exceptionnelle mais non reproductible ailleurs. Idem pour la CFF, ils n’utilisent que de l’hydraulique, à hauteur de 90%. Tu aurais pu citer le Québec comme autre exemple. Mais dès que tu veux passer tout un pays où il n’y a pas suffisamment d’hydrau aux ENR, tu dois passer par du stockage pour dépasser les 50%. Seuls les VE peuvent y contribuer en masse. Passer à plus de transport collectif ne changera le pb, tout le monde n’abandonnera pas sa voiture et tu le sais.

Posté le 13-04-2016 à 19:52:42 par Fan

Tesla pourrait ajouter la Moto Électrique à sa gamme de produits.

Posté le 14-04-2016 à 09:13:32 par Christophe

@Rickobotics
Tu es gentil de dire que c’est en place, l’info du 15/03/2016 parlait de le mettre en place sans toutefois indiquer une date de déploiement : http://www.moteurnature.com/actu/uneactu.php?news_id=28284
Je remarque toutefois qu’il s’agit d’un service d’autopartage.

Concernant le stockage, il n’y a pas que les batteries, il y a les volants d’inertie (utilisé pour le métro de Rennes - 230 MWh récupérés par an sur la seule ligne en exploitation), l’hydrogène, l’air comprimé (en cours de développement par un BE de Nantes).

Passer à plus de TC ne veut pas forcément abandonner la voiture, cela veut juste dire que l’on est multimodal et qu’on ne concentre pas la voiture dans des points où elle pose problème (la ville notamment).

A la vue de tout cela, ce qui pourrait être intéressant, c’est de :
- développer les système de TC dans les villes - en créant des parking relais,
- implanter des bornes de recharge sur les parking,
- récupérer l’énergie de freinage des TC pour l’injecter dans le réseau,
- charger les VE avec le surplus des EnR ou l’énergie récupérée,
- demander aux utilisateurs des VE de les brancher en arrivant chez eux le soir pour restituer une partie lors de la pointe vers 20 h.

Je suis de plus en plus persuadé que Ségolène ROYAL avait cette vision globale notamment en créant la SPL Poitou-Charentes autopartage (nom commercial Regionlib). Le seul souci c’est que la surface financière de la région était réduite pour pouvoir avoir la main sur tout le processus et donc pouvoir le mettre en place et si on attend que la sphère privée s’y atèle, je crois que l’on va encore attendre longtemps.

Posté le 15-04-2016 à 11:12:06 par Rickobotics

Dsl, mais ta Sego n’a jamais parlée de stockage d’énergie, v2g, etc, comme aucun autre politique d’ailleurs. Le développement du TC n’a juste aucun rapport avec ces technos. La reccup d’énergie au freinage ne concerne que les tram et les train reliés directement au reseau et ça ne limite en rien les pics de Conso. Pour les bus, ça veut dire hybridation à minima rechargeable et là la réinjection ds le reseau est une hérésie, autant l’utiliser directement pour le vehicule. Chaque transformation d’énergie engendre des pertes, l’H est l’un des moyens les plus energivore, le pneumatique encore plus à moins de l’utiliser de suite, sinon trop de fuite. Le volant d’inertie est idéal pour le stockage issu du mouvement, comme pour les câbles de téléphérique, avec la même remarque que précédemment à savoir qu’il y a perte rapide et qu’un stockage heure pleine pour utilisation heure creuse n’est pas rentable. Bref, aujourd’hui les batteries chimiques offrent malheureusement encore ce que l’on sait faire de mieux, sans entretien (volant), sans bruit (compresseur). Alors plutôt que d’équiper chaque maison avec, autant développer rapidement les VP électriques, ce qui ne change rien au fait de développer les TC mais qui ne remplaceront jamais les plus de 30M de VP en circulation rien qu’en France ... Tu connais ma vision de l’avenir, VE autonome où toute l’optimisation se fera automatiquement. Des millions de VE ont un potentiel de stockage fabuleux impossible à obtenir avec d’autres technos. Et puis les batteries s’améliorent rapidement, donc ce n’est plus qu’une question de qqs années désormais.

Posté le 15-04-2016 à 14:07:30 par Christophe

@Rickobotics
La première phrase te fait perdre tout crédit : as-tu écouté tous ses discours, as-tu participé à la création de la SPL Poitou-Charentes autopartage (nom commercial Regionlib) ? A priori non, donc comment peux-tu être aussi catégorique.
Regarde un peu comment a été conçu le lycée Kyoto de Poitiers où il y a du stockage d’énergie. Je n’imagine pas un instant que s’agissant de son bébé, Ségolène ROYAL n’ait pas participé activement lors de sa conception.

Posté le 17-04-2016 à 07:16:16 par Christophe

@Rickobotics
Je ne connais pas SR personnellement mais j’ai pu la voir en gare de Poitiers à la descente d’un TGV en provenance de Paris.
Ce que je sais c’est qu’avec le service Regionlib d’autopartage de VE rechargés avec de l’électricité renouvelable, pour moi, la transition énergétique et la réduction de mes impacts, c’est maintenant.



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