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Posté le 26/03/2018 à 09:00 par Philippe Schwoerer - Lu 2083 fois - 5 commentaires


Les consommateurs responsables du réchauffement climatique ?


Les consommateurs, dont les automobilistes en particulier, ainsi que l’industrie exploitant le pétrole comme source d’énergie, sont-ils responsables du dérèglement climatique ? C’est en tout cas ce que prétend l’avocat d’affaire Theodore Boutrous qui dégage en revanche ses clients pétroliers de toute responsabilité dans l’histoire.

Tribunal fédéral

C’est dans un article daté de jeudi 22 mars dernier, et intitulé « Chevron’s lawyer, speaking for major oil companies, says climate change is real and it’s your fault » (L’avocat de Chevron, s’exprimant au nom des grandes compagnies pétrolières, affirme que le changement climatique est réel et que c’est de votre faute »), que le média Web The Verge a mis au jour cette prise de position qui, à plus d’un titre, devrait exaspérer bon nombre de consommateurs, dont les automobilistes en particulier. Se rangeant à l’avis du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), les principales compagnies pétrolières, - parmi lesquelles Chevron, ExxonMobil, Shell et BP -, par la voix de leur avocat, ont indiqué, lors d’une récente audience devant un tribunal fédéral à San Francisco (Etats-Unis) qu’il était « extrêmement probable » que l’activité humaine soit la cause principale du réchauffement climatique depuis le milieu du XXe siècle. Mais ces entreprises estiment qu’elles ne peuvent être poursuivies pour cela. Cette affaire n’en est d’ailleurs pas au stade d’un procès, mais à celui d’une confrontation d’arguments, après une plainte déposée à l’encontre des compagnies pétrolières accusées de « promouvoir l’utilisation massive de combustibles fossiles en trompant le public sur le réchauffement climatique par la mise en avant d’incertitudes sur la science en climatologie ».

Le rapport du Giec pris à témoin

Pour exonérer les compagnies pétrolières de la responsabilité du phénomène, Maître Boutrous cite tout simplement à la barre le dernier rapport du Giec. Il s’appuie sur le fait que le document ne met jamais en cause « l’extraction ou la production de pétrole » dans les émissions de CO2, mais bien « l’activité économique » qui brûle les combustibles fossiles. C’est cette dernière qui « détermine la demande de carburant qui conduit aux émissions », justifie-t-il. En exergue, The Verge établi un parallèle avec l’industrie du tabac qui avait en son temps choisi pour défense : « Nous faisons juste des cigarettes, les gens choisissent de fumer ! ». L’avocat américain est sans doute plus crédible quand il plaide que le changement climatique « est un problème mondial qui nécessite une action mondiale ». Un argument qui lui permet de rejeter l’idée d’un procès civil qui ciblerait précisément les compagnies pétrolières. Pour expliquer que ces dernières n’ont pas modifié leur comportement pendant des années, le professionnel du barreau s’appuie sur la « lente » progressivité dans la communication du Giec qui, en 1995, indiquait que « la balance des preuves suggérait » le changement climatique causé par l’homme, pour passer en 2007 à l’expression « très probable », puis « extrêmement probable » en 2013. Cette affaire montre dès à présent qu’elle serait une des stratégies de défense employées par les compagnies pétrolières, et autres entreprises industrielles, pour ne pas avoir à répondre d’une quelconque responsabilité dans le dérèglement climatique.


Mots clés : réchauffement | dérèglement | climatique | Giec | pétrole | Compagnie pétrolière | CO2 | The Verge | changement | climat
Catégories : Pollution & qualité de l'air |

Commentaires

Posté le 26-03-2018 à 10:07:29 par ZoéT

Pas très étonnante cette prise de position. En revanche, qu’une plainte soit déposée contre les pétroliers en raison de leur rôle dans le réchauffement climatique, ça l’est plus aujourd’hui. Je me disais que ça finirait par arriver, mais pas si tôt.

Posté le 26-03-2018 à 10:33:37 par Christophe

Pour mémoire, dans les émissions totales de la combustion d’un litre d’essence il y a moins de 19 % liées à la phase amont (extraction, transport et raffinage) et moins de 21 % pour la gazole. Donc en toute logique, c’est bien celui qui brûle ce carburant dans son véhicule qui est bien responsable d’au moins 80 % des émissions.

Mais la question que je me pose, même si on arrête d’utiliser de l’essence, du gazole (y c GNR), du fioul, l’extraction du pétrole cessera-t-elle ? J’en doute quand j’analyse ce qui est produit à partir du pétrole. Mais pour le coup, les 20 % de la phase amont liées à l’utilisation des carburants en usage mobile seront à répartir sur les autres sous-produits, l’essence, le gazole et le fioul étant considérés alors comme un déchet à traiter.

Posté le 26-03-2018 à 10:32:48 par 0live

Son argumentaire n’est pas aberrant si l’on considère notre utilisation du pétrole produit.
En effet, plutôt que de le brûler stupidement, l’industrie et le consommateur devraient favoriser la fabrication de produit dérivé du pétrole.

Posté le 27-03-2018 à 08:12:55 par GéGé90

Des procès il y en aura, longs et coûteux, qui n’aboutiront pas de toute façon. Les américains sont les rois des procès. Pour un oui ou pour un non, hop, un procès !

Posté le 30-03-2018 à 15:05:02 par electronlibre

Voici donc une information qui vient en contradiction avec le discours des réchauffistes qui accuse les climato-réalistes de rouler pour le lobby pétrolier.
Si ce lobby est en accord avec les conclusions des rapports du GIEC, c’est qu’il y voit un intérêt, probablement du côté de la taxe carbone...

Je rappelle que les rapports finaux du GIEC sont en contradiction avec les études des scientifiques qui travaillent ou ont travaillés pour le GIEC(beaucoup de défections ces dernières années pour désaccords).



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