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Posté le 10/04/2018 à 06:00 par Philippe Schwoerer - Lu 1943 fois - 20 commentaires


Un partenariat pour développer l’hydrogène vert en Bretagne


Morbihan Energies, la région Bretagne, la Caisse des dépôts et Engie Cofely ont signé jeudi 5 avril dernier un partenariat pour la création d’une société commune en charge de promouvoir de l’hydrogène renouvelable dans l’Ouest. Elle assurera le développement d’une première infrastructure de distribution, de production d’hydrogène renouvelable et de location de véhicules H2 dans le Morbihan.

Les Territoires hydrogène…

Le Morbihan est labellisé « Territoire hydrogène » pour suite à l’appel à projets lancé par le gouvernement en mai 2016. Cette opération avait parmi ses principaux objectifs d’ouvrir aux porteurs de projets un guichet unique vers les différents dispositifs d’aides existants, qu’ils soient européens, nationaux ou locaux. Pour être retenus, les programmes devaient intégrer une chaîne complète de production, conditionnement, distribution et valorisation de l’hydrogène dans des applications finales couvrant de multiples usages. Avec cet AAP, il s’agissait de favoriser l’émergence en France d’une véritable filière de l’hydrogène, au sein de laquelle la mobilité aurait une place majeure.

…comme cadre du partenariat

C’est dans ce cadre de l’appel à projets « Territoire hydrogène », que le partenariat entre Morbihan Energies, la région Bretagne, la Caisse des dépôts et Engie Cofely va, en particulier, permettre de soutenir le projet EffiH2 Vannes/Bretagne (voir la page dédiée aux projets EffiH2), et notamment l’installation d’un système de production d’hydrogène renouvelable pour l’usine Michelin de Vannes. Sur ce site, l’entreprise exploite ce gaz pour son activité de tréfilage sur les carcasses des pneus. Il sert au traitement thermique des câbles avant leur emprisonnement dans la gomme. L’hydrogène est actuellement livré par camion depuis l’usine Air Liquide de Montoir-de-Bretagne, en Loire-Atlantique. Mais la prochaine étape va consister à l’obtenir par électrolyse grâce à des panneaux photovoltaïques implantés à proximité de l’unité Michelin de la zone du Prat.

Mobilité H2

Si le projet EffiH2 Vannes/Bretagne s’inscrit dans la politique de développement durable du groupe Michelin, - dont un des axes consiste à limiter l’impact environnemental de ses activités industrielles -, la production du gaz servira également à alimenter, installée à côté de l’usine, une station de distribution pour véhicules à hydrogène. Celle-ci sera ouverte aussi bien aux collectivités et entreprises, qu’aux automobilistes pour leurs besoins privés. Des clients précis déjà identifiés ? A priori non, mais Morbihan Energies prépare le terrain, sous l’impulsion de son président Jo Brohan, convaincu que l’hydrogène fait partie des énergies d’avenir pour diverses raisons, dont les besoins de stockage pour la production excédentaire des sources renouvelables.

Une petite station déjà active

Pionnier dans l’hydrogène comme dans les bornes de recharge pour les véhicules électriques à batterie de traction, le syndicat de l’énergie du Morbihan dispose déjà d’une petite station qui délivre de l’hydrogène sur son parking. C’est même la première à avoir été installée en Bretagne. Pour le moment, elle alimente surtout le Hyundai ix35 acquis par l’établissement en juin 2017. La station a été livrée par l’entreprise savoyarde Atawey qui s’est spécialisée dans les « solutions énergétiques décentralisées, propres et innovantes ». La gamme de stations compactes H2 Atawheel, d’une puissance de compression comprise entre 350 et 700 bars, permet l’avitaillement des voitures, utilitaires légers, vélos à assistance électrique et engins de manutention équipés de piles hydrogène. De la taille d’une bonne armoire, elles peuvent délivrer de 500 grammes à 20 kilos de gaz par jour produit par électrolyse au sein même de la structure.

Kergrid

La petite station H2 de Morbihan énergies est alimentée en courant grâce au surplus d’électricité verte produite sur le démonstrateur Kergrid de Vannes. Il s’agit d’un bâtiment producteur en énergie et connecté au réseau. Non pas un bloc inutile casé dans un coin, mais le siège même du syndicat de l’énergie. Le bâtiment a été conçu pour effacer sa demande en énergie provenant du réseau aux heures de pointe, avec un fonctionnement autonome possible pendant 2 heures. Il peut aussi réinjecter l’énergie renouvelable (éoliennes et panneaux photovoltaïques) qu’il a produite ou qu’il a tirée sur le réseau et stockée dans son système de batteries. Kergrid est une des actions engagées au titre du « Pacte électrique breton » qui cherche à rendre le territoire moins dépendant du reste de la France au niveau de l’énergie.

Financement et expertise

La région administrative bretonne se mobilise dans le vaste projet « smartgrid Smile » qui vise au déploiement d’ici 2020 des systèmes énergétiques intelligents. Elle cherche aussi à faire avancer la mobilité décarbonée tout en soutenant les programmes structurants pour un plus large usage des énergies renouvelables autour du vecteur hydrogène. Au sein du partenariat, la Caisse des dépôts aidera à financer « l’émergence d’une mobilité intelligente et durable, fondée sur une énergie d’avenir », peut-on lire dans un communiqué de presse émis en date du 5 avril afin d’annoncer le rapprochement des différents établissements. Engagé dans différents projets H2 validés à la suite de l’AAP « Territoires hydrogène », Engie Cofely « apportera son expertise pour concevoir, réaliser et exploiter des unités de production d’hydrogène vert destinées à la mobilité terrestre, à l’industrie, la logistique ou le transport maritime et aérien », est-il ensuite écrit. Directeur général de cette entreprise, Jean-Pierre Moneger commente : « Engie Cofely est très fier d’accompagner Morbihan Energies et la région Bretagne dans ce mouvement en faveur de la transition énergétique. Je suis convaincu que le développement massif de ces solutions hydrogène vert passe par la coopération et les partenariats avec les territoires et les municipalités ».


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Mots clés : hydrogène | Bretagne | Morbihan | énergie | renouvelable | Engie Cofely | Michelin | territoire | mobilité | EffiH2
Catégories : Voiture électrique | Vélo électrique |

Commentaires

Posté le 10-04-2018 à 09:00:40 par MaglioZE

Il semblerait que la filière hydrogène soit vraiment en train d’émerger. Je ne pensais pas il y a quelques mois qu’elle pouvait avoir un rôle majeur dans la mobilité durable. En découvrant son potentiel et les projets, j’ai changé d’avis.

Posté le 10-04-2018 à 22:02:24 par HH

L’hydrogène va jouer un rôle très important dans la mobilité durable, et bien plus qu’on ne pense.

Posté le 11-04-2018 à 08:04:57 par SERDD

Beaucoup ont douté du rôle que jouera l’hydrogène dans le développement durable, y compris la mobilité. Des démonstrateurs convaincants et en service prouvent que cette filière aura un rôle considérable à l’avenir. Energies renouvelables, stockage et mobilité...

Posté le 11-04-2018 à 10:17:20 par Psyl

Sauf que définitivement, l’hydrogène est toujours beaucoup moins efficient que l’électricité pure.

Car le problème de l’hydrogène, c’est :
1) De l’électricité pour le produire.
2) De l’électricité pour le compresser et le distribuer.
3) Un rendement de 60% dans les piles à combustible.

Par rapport à l’électricité toute seule, on s’arrête à l’étape 1 et avec un rendement de l’ordre de 98% dans les moteurs.

Bref, je maintiens que la mobilité avec de l’hydrogène est actuellement un gaspillage d’énergie.

Posté le 11-04-2018 à 11:13:10 par electronlibre

Je suis bien d’accord avec Psyl et je rajouterai que la filière H2 émerge de par l’investissement de certains pétroliers qui vont réaliser de gros profits, ainsi que l’état qui finira assez vite par taxer ce carburant...

Posté le 11-04-2018 à 13:19:51 par SERDD

Puisqu’il s’agit de récupérer la part perdue d’une source renouvelable, où est le problème ?

Posté le 12-04-2018 à 06:55:17 par JR-12

Il ne serait pas prudent de faire reposer la mobilité durable sur les seules voitures électriques classiques. En cas de rupture d’approvisionnement en matières pour les batteries, et même avec une diversité de technologies pour les batteries, l’hydrogène comme d’autres solutions sont indispensables.

Posté le 12-04-2018 à 08:49:46 par Tickist

Je suis du même avis que JR-12. La pluralité, en tout domaine, évit bien des écueils.

Posté le 12-04-2018 à 15:05:50 par TYimG

Je suis toujours surpris de constater qu’il existe encore des personnes qui rejètent l’évidence de l’hydrogène pour la mobilité.

Posté le 13-04-2018 à 07:31:18 par SERDD

@TYimG
Oui, moi aussi.

Posté le 13-04-2018 à 18:46:34 par Peg56

Bonne continuation...

Posté le 14-04-2018 à 11:08:00 par Tilmann06

Un tel partenariat est-il possible dans d’autres régions ? Je pense en particulier à la région PACA ?

Posté le 15-04-2018 à 00:03:13 par electronlibre

@SERDD
Le problème c’est qu’on nous vend la filière H2 sous un jour un peu trop merveilleux, où l’on passe sous silence les quelques défauts inhérents à cette technologie. Par exemple, concernant le stockage, il est de courte durée, aucuns matériaux ne pouvant assurer l’étanchéité totale à la molécule d’H2.
Et la part perdue du renouvelable n’est certainement pas suffisante pour couvrir les futures besoins en H2 prévus, surtout si la production est toujours fournie par électrolyse, technique très énergivore...

Posté le 15-04-2018 à 10:04:09 par SERDD

@electronlibre
Le stockage de l’hydrogène n’est pas obligatoirement de courte durée, puisqu’on peut l’injecter dans le réseau national de gaz où il se mélange au gaz naturel.

Posté le 15-04-2018 à 12:15:10 par electronlibre

@SERDD
Justement, ce n’est plus du stockage puisque le réseau de gaz naturel est un réseau de distribution.
Donc vous confirmez qu’il n’a pas de stockage au delà d’une période de temps court.

Posté le 15-04-2018 à 18:32:00 par SERDD

Non, je ne confirme pas, puisque le réseau lui-même dispose bien d’un stockage. Donc, envoyer du gaz sur le réseau, puis repuiser du gaz sur ce même réseau, c’est bien une forme de stockage.

Posté le 15-04-2018 à 20:55:01 par electronlibre

Du stockage oui mais sur quelle capacité?
C’est certainement de courte durée, ce je disais dans mon premier com...
Mais au delà du "stockage", il y a bien une grosse perte d’énergie sur l’ensemble de la filière, au moins équivalente à celle du pétrole.
La capacité de production en renouvelable étant ce qu’elle est, il faudra l’utilisée en quasi totalité pour produire H2 et il ne restera plus grand chose à injecter sur le réseau électrique...

Posté le 16-04-2018 à 08:01:42 par Christophe

@electronlibre
Effectivement on peut injecter l’H2 jusqu’à hauteur de 10 % dans le réseau de gaz naturel (qui contient de plus en plus de bio méthane).
Le volume de stockage est assez infini juste par augmentation de la pression.
Il y a différents types de canalisations :
- celles de transports à la pression la plus haute tout en étant inférieure à 100 bars,
- celles de distribution à une pression inférieure à 25 bars,
- celles communales à une pression inférieure à 4 bars,
- celles terminales à une pression inférieure à 400 mbars.
Chez vous la pression est généralement de 20 mbars à moins que vous ayez besoin de puissance (typiquement four d’un boulanger, etc.).
Ce n’est pas un hasard si tous les tuyaux en fonte et en plomb ont été remplacés par du polyéthylène qui est beaucoup plus résistant à la pression.
D’ailleurs ce remplacement s’est fait en enfilant le polyéthylène dans les anciens tuyaux métalliques et en augmentant la pression dans le réseau.

Posté le 16-04-2018 à 18:51:01 par soub56

Stockage de l’H2 dans le réseau gaz?
Si effectivement on pouvait extraire le H2 injecté dans ce réseau gaz, cela serait bien du stockage, mais je crains que cela ne soit pas possible, du moins pas facilement, pour que cela soit rentable et utile. Ce H2 dans le gaz est destiné à être brûlé et il est perdu pour une autre utilisation ( sauf erreur de ma part).

Posté le 16-04-2018 à 19:14:59 par Christophe

@soub56
C’est quoi le problème de ne pas pouvoir récupérer l’H2 injecté dans le réseau de gaz ?
De toute façon on utilise l’H2 uniquement comme vecteur d’énergie, vecteur qui a permis là de stocker les surplus d’EnR. A la sortie on récupère bien de l’énergie qui aurait été perdue en l’absence de cette possibilité.
Vous jouez juste sur les mots, comme certains jouent sur les mots en affirmant qu’il n’y a pas de surplus d’EnR juste du surplus de nucléaire.



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