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Posté le 18/09/2019 à 06:00 par Philippe Schwoerer - Lu 2507 fois - 10 commentaires


Un recyclage innovant pour les batteries lithium-ion


C’est ce que promettent BASF, Suez et Eramet réunis autour du programme ReLieVe. Financé à hauteur de 4,7 millions d’euros par l’Union européenne, il vise à développer un nouveau procédé technologique et à structurer une filière du recyclage sur le territoire. C’est en quelque sorte un prolongement du fameux Airbus des batteries dont l’objectif est de ne pas devenir dépendants de l’Asie tout en faisant progresser la mobilité électrique en Europe. Le projet recevra le support des équipes de recherche de Chimie ParisTech et de la Norwegian University of Science and Technology, mais aussi de la filière automobile représentée au sein du comité consultatif du programme ReLieVe.

ReLieVe

Que ce soit en anglais ou en français, l’acronyme ReLieVe permet de retrouver la raison être de ce programme : Recycler les batteries lithium-ion des véhicules électriques. Il devrait faire disparaître un des arguments des détracteurs de l’électromobilité selon lequel les voitures branchées seraient loin d’être propres du fait d’une impossibilité d’en recycler les batteries de traction. Créé par l’European Institute of Innovation and Technology (EIT), un organisme de l’Union européenne, c’est l’EIT Raw Materials qui apporte la part de financement de l’Europe à ce projet. « En tant que fournisseur de matériaux actifs de cathode pour les fabricants de batteries destinées aux véhicules électriques, BASF a la conviction que le recyclage jouera un rôle de plus en plus important dans le déploiement de l’électromobilité », assure Daniel Schönfelder, vice-président Business Management, chez BASF Battery Materials Europe.

3 Partenaires

L’enveloppe budgétaire est complétée par les 3 partenaires qui portent le programme ReLieVe. A sa tête, Eramet, un groupe minier et métallurgique français présent sur 5 continents et dans une vingtaine de pays, acteur clé de l’extraction et de la valorisation de métaux (manganèse, nickel, sables minéralisés) mais aussi de l’élaboration et de la transformation d’alliages à forte valeur ajoutée (aciers rapides, aciers à hautes performances, superalliages, alliages d’aluminium ou de titane). Collaborent avec lui Suez, leader mondial dans la gestion intelligente et durable des ressources (eau, déchets, etc.), et le chimiste allemand BASF. Ce dernier vient d’être également nommé dans la création du deuxième consortium européen de fabrication des cellules d’accumulateurs pour véhicules électriques, dans le cadre de l’Airbus des batteries.




Airbus des batteries

Président d’Eramet Ideas, le centre de R&D du groupe, Laurent Joncourt établit un parallèle entre le programme ReLieVe et une volonté plus large de l’Europe de se positionner sur une filière complète autour des accus pour véhicules électriques : « le projet ReLieVe répond à l’appel de la Commission européenne de se fédérer entre acteurs européens pour se positionner sur le marché croissant des batteries lithium-ion. L’obtention de ce financement va nous permettre d’accélérer les travaux en cours en vue de constituer une filière de recyclage de batteries lithium-ion à l’échelle européenne dotée d’un procédé innovant et compétitif ».

Boucle fermée

L’objectif du programme ReLieVe est de développer un processus « en boucle fermée de recyclage des batteries lithium-ion utilisées dans les véhicules électriques, et de permettre ainsi la production de nouvelles batteries lithium-ion en Europe », expliquent les 3 partenaires. A ce sujet, ils se positionnent idéalement pour former ce cercle vertueux. Suez collecte et démantèle les accumulateurs en fin de vie, Eramet s’est chargé de développer le processus de recyclage, et BASF construit de nouvelles cathodes pour les batteries lithium-ion avec les matériaux récupérés. Les 3 entreprises ne sont pas les premières à annoncer une telle boucle fermée. Fin octobre 2018, Audi et Umicore s’était engagés à mettre en place un circuit activable quasiment à l’infini avec un taux de 95% de récupération des précieux éléments contenus dans les cellules lithium-ion. Les partenaires du programme ReLieVe, eux, n’ont pas communiqué de chiffres.

A partir de janvier 2020

Eramet, BASF et Suez se sont donnés 2 ans, à partir de janvier 2020, pour développer à grande échelle leur procédé. Juste le temps pour qu’arrivent de façon importante les batteries lithium-ion embarquées dans les véhicules électriques produits depuis le début des années 2010, quand une exploitation en seconde vie, comme unité de stockage stationnaire, ne sera pas possible. Le réemploi de matières premières permettra d’abaisser encore l’empreinte environnementale des VE sur leur cycle de vie complet. « Nous sommes fiers d’apporter notre expertise et de contribuer à la récupération des composants des batteries en fin de vie grâce à ce partenariat. Environ 50.000 tonnes de batteries devraient être recyclées en Europe d’ici 2027, et ce chiffre pourrait être multiplié par plus de dix en 2035. Avec le projet ReLieVe, Suez soutient le développement d’approches alternatives alliant solutions circulaires et mobilité urbaine durable », commente Jean-Marc Boursier, directeur général adjoint chez Suez en charge de la valorisation des déchets dangereux en Europe.


Mots clés : recyclage | batterie | lithium | électrique | véhicul | ReLieVe | BASF | Suez | Eramet
Catégories : Batterie |

Commentaires

Posté le 18-09-2019 à 07:40:53 par Daniel

Il est grand temps que les Européens s’y mettent, autant dans la production des batteries que dans leur recyclage.

Posté le 18-09-2019 à 08:43:28 par Vérité

L’argument des activistes du climat concernant le recyclage des batteries n’est la possibilité de le faire (cela existe) mais la consommation énergétique pour le faire.
Le procédé actuellement le plus utilisé est très consommateur d’énergie, ce qui fait que l’impact carbone d’une batterie avec des sous-produits recyclés n’est pas très inférieur à celui d’une batterie avec des sous-produits extraits des entrailles de notre planète, ce qui fait que la mobilité électrique à batterie et plus particulièrement en voiture n’est pas durable.

Posté le 18-09-2019 à 09:05:42 par Daniel

@ Vérité
Ne vaut-il pas mieux récupérer des matières premières par des ouvriers formés et payés dans des usines conçues pour cela que de les faire extraire dans des mines dans des conditions souvent inhumaines et parfois même par des mineurs (au sens de l’âge bien entendu). Cela aussi c’est de l’écologie. Toute la mobilité électrique ne va pas se régler en 2 temps et 3 mouvements.

Posté le 18-09-2019 à 11:10:16 par Vérité

@Daniel
Avant de les recycler il faut les extraire donc pollution, émission de GES et problèmes sociétaux.
Pourtant il y a URGENCE, dont il faut régler la question de la mobilité fissa avec une réponse apportant une réponse globale donc à tous les problèmes induits.

Posté le 18-09-2019 à 14:16:20 par SBT

Des problèmes sociétaux, sans moyens satisfaisants de se déplacer, il y en aura, et de plus en plus. Vous voyez les gilets jaunes qui pensent d’abord à leur vie individuelle à court terme : ce n’est rien à côté de ce qui arrivera ensuite. Les gens se contrefichent de l’environnement. Ce qu’ils veulent c’est consommer et voyager, et pas en étant serrés comme ds sardines dans des TC de moins en moins propres et au service dégradé.

Posté le 18-09-2019 à 15:08:14 par Vérité

@SBT
"Les gens se contrefichent de l’environnement. Ce qu’ils veulent c’est consommer et voyager".
Comme cela c’est clair, on sait aussi les responsables tout désignés des graves problèmes sociétaux si collectivement on continue à se foutre de l’environnement et à être individualiste.
Il fait vraiment envie le monde futur que vous souhaitez.

Posté le 18-09-2019 à 16:08:36 par SBT

@Vérité
C’est pas le monde futur que je souhaite, mais c’est celui que je vois arriver.

Posté le 22-09-2019 à 21:43:42 par Ch. Rivet

Avec le recyclage, moins de métaux rares à extraire. C’est une grande avancée pour la mobilité électrique. Aujourd’hui, plus possible de se passer d’une voiture. Pôle Emploi et les employeurs exigent le permis et une voiture pour embaucher. Autant qu’elle soit électrique.

Posté le 23-09-2019 à 10:02:32 par ZoéT

@Ch.Rivet
Tout à fait d’accord avec vous. Pour les employeurs, ne pas avoir de voiture est perçu comme un point négatif bloquant. Sauf peut-être en région parisienne.

Posté le 23-09-2019 à 12:31:17 par electronlibre

@Ch. Rivet
"Aujourd’hui, plus possible de se passer d’une voiture. Pôle Emploi et les employeurs exigent le permis et une voiture pour embaucher."
Si l’emploi n’est pas en rapport avec la conduite d’un véhicule motorisé, l’employeur ne peut avoir cette exigence sous peine d’être poursuivi pour discrimination à l’emploi...

On peut parfaitement occuper un poste tant que les moyens de transport à disposition permettent de respecter les horaires de travail.
Et l’employeur ne peut s’y opposer, le choix du mode de transport entre le domicile et le travail reste à l’employé...



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