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Posté le 01/04/2019 à 06:00 par EMMANUEL MAUMON - Lu 2409 fois - 11 commentaires


Une énergie verte pour les véhicules électriques ?


En supprimant les émissions de CO2, rouler en véhicule électrique est une bonne chose pour l’environnement. Mais pour que ce geste soit réellement bénéfique pour la planète, encore faut-il que l’électricité produite pour alimenter les voitures électriques ne génère pas elle-même de gaz à effet de serre. C’est pourquoi, à l’instar de plus en plus de consommateurs, les possesseurs de véhicules électriques ont tendance à se tourner vers des fournisseurs d’électricité verte dont les offres n’ont cessé d’augmenter ces dernières années. Aujourd’hui, ils sont en effet plus d’une vingtaine sur le marché à promettre de fournir une électricité verte, parfois à des prix très concurrentiels par rapports aux tarifs régulés.
Mais ces offres sont-elles réellement crédibles ou répondent-elles essentiellement à une logique marketing visant à séduire de nombreux clients soucieux de leur empreinte écologique ? Un sujet au centre de deux études récentes réalisées par Greenpeace France avec son Guide de l’électricité verte et par l’ADEME qui vient de rendre un Avis sur les offres d’électricité verte. Deux études qui constituent aussi le point de départ d’un Plateau-TV du site Actu Environnement, mis en ligne la semaine dernière, qui cherche à éclairer ce débat.

Quelle réalité derrière l’électricité verte ?

L’électricité verte est une électricité produite à partir de sources renouvelables, c’est-à-dire principalement les énergies hydraulique, éolienne, solaire ainsi que les énergies issues de la biomasse. Cependant, une fois injectée sur le réseau électrique, il n’est plus possible de distinguer l’origine de l’électricité et donc de déterminer si l’énergie produite à partir de l’installation X alimente le consommateur Y ou le consommateur Z. Par contre, il est possible de quantifier l’électricité injectée par le réseau par chaque installation de production d’électricité et donc de garantir au consommateur qu’une installation EnR a injecté sur le réseau une quantité d’électricité permettant de répondre à sa consommation.
Une garantie apportée par un outil de traçabilité de l’origine de l’électricité : les Garanties d’Origine (GO). Une GO est un document électronique émis à la demande d’un producteur EnR qui atteste de la production d’un MWh et qui contient une série d’informations sur ce MWh (nom, localisation et technologie de l’installation, moment de production). Une Garantie d’Origine utilisable dans n’importe quel pays de l’Union européenne.



Les Garanties d’Origine en question


Aujourd’hui, la réglementation n’impose pas aux fournisseurs d’électricité verte qu’ils achètent directement de l’énergie produite par des installations EnR, mais seulement qu’ils achètent ces GO émises par les producteurs d’EnR. Cela signifie qu’un fournisseur d’offres vertes peut se contenter d’acheter de l’électricité produite dans une centrale à charbon ou nucléaire, du moment qu’il achète aussi des Garanties d’Origine garantissant à un consommateur qu’une quantité d’électricité verte égale à sa consommation a été injectée sur le réseau électrique européen. De plus, cette égalité ne doit pas être démontrée à chaque instant, mais seulement en moyenne sur une année.
Ainsi, selon l’ADEME, l’offre d’électricité verte « standard », la plus courante aujourd’hui en France, n’apporte aucune garantie sur la provenance de l’électricité et ne contribue pas directement au développement de nouvelles installations EnR. Généralement, l’électricité est achetée sur le marché et peut provenir de n’importe quelles sources de production. L’unique distinction avec une offre classique d’électricité est l’achat de GO qui contribue à la rémunération des producteurs EnR, mais pour un montant qui reste insuffisant pour déclencher le développement de nouvelles capacités EnR en dehors des mécanismes de soutien public.



Des fournisseurs d’énergie plus vertueux que d’autres

Si beaucoup d’offres vertes ne sont donc pas en fait des offres d’électricité provenant d’EnR, certains fournisseurs d’énergie sont toutefois plus vertueux que d’autres et proposent des offres impliquant l’achat conjoint de l’électricité et des GO auprès des mêmes producteurs (en majorité des petites installations d’hydroélectricité françaises). Tout comme Greenpeace, l’ADEME en distingue particulièrement trois dans son étude : Enercoop, Ilek et Energie d’Ici. Trois fournisseurs dont les offres vertes, qualifiées de premium, proposent ainsi de meilleures conditions de rémunération aux producteurs EnR, contribuant ainsi à la pérennisation des installations.
Directeur Général d’Enercoop, Emmanuel Soulias était d’ailleurs l’un des intervenants du Plateau-TV d’Actu Environnement qui lui permit de présenter la démarche de ce fournisseur d’énergie privilégiant les circuits courts et les contrats directs avec des producteurs EnR qui lui fournissent la totalité de son énergie. Celle-ci étant issue principalement d’une centaine de centrales hydrauliques et de 104 installations photovoltaïques rassemblées dans une dizaine de coopératives régionales. Un achat d’énergie à un prix équitable qui favorise le développement de nouvelles installations EnR qui permettront demain de répondre à la demande croissante d’énergie verte.



L’ADEME préconise la création d’un label

Dans son Avis sur les offres d’électricité verte, l’ADEME recommande aux pouvoirs publics la création d’un label. Pour son Directeur Général, Fabrice Boissier, ce label permettrait tout d’améliorer la transparence sur les offres en obligeant les fournisseurs à décrire les leurs de manière plus précise et sur la base de critères communs. Ce référentiel normatif permettrait aussi au consommateur de distinguer plus facilement offre d’électricité verte « standard » et offre d’électricité verte « premium ».
Par ailleurs, l’ADEME recommande le renforcement des contraintes temporelles d’utilisations des GO et, in fine, d’imposer que toute offre verte repose sur l’achat direct d’électricité auprès de producteurs EnR. En attendant la mise en place de ces améliorations, l’ADEME considère toutefois que la souscription d’une offre verte constitue un premier niveau d’engagement, concret et accessible au plus grand nombre. Elle appelle néanmoins à ne pas « survendre » cet engagement, notamment pour les entreprises et à préférer, le cas échéant, la souscription d’une offre verte « premium ».





Mots clés : Mobilité électrique | énergie | energie verte | ADEME | Greenpeace | Actu Environnement | Garanties d’Origine
Catégories : Etudes, rapports & analyses |

Commentaires

Posté le 01-04-2019 à 07:41:05 par Vérité

"En supprimant les émissions de CO2, rouler en véhicule électrique est une bonne chose pour l’environnement." du bon cliché digne des députés européens et des activistes du VE.

Cette affirmation est tout simplement fausse pour les raisons suivantes :
- la fabrication et le recyclage du véhicule vont émettre du CO2,
- l’énergie et l’entretien du véhicule vont émettre du CO2,
- la construction et l’entretien des infrastructures vont émettre du CO2,
- le roulage d’un véhicule même zéro émission de CO2 émet des particules par les phénomènes d’abrasion.

Pourtant vous touchiez bien du doigt la problématique en écrivant "Mais pour que ce geste soit réellement bénéfique pour la planète, encore faut-il que l’électricité produite pour alimenter les voitures électriques ne génère pas elle-même de gaz à effet de serre".

Il s’agirait de ne plus être dans l’amateurisme et de considérer tout le cycle de vie des produits pour évaluer les émissions de GES. On peut très bien avoir un véhicule à 0 émission en roulage si pour le produire et produire les moyens de production de l’énergie qu’il utilise il a fallu en émettre beaucoup, le résultat peut être négatif par rapport à un véhicule qui émet au roulage.
Qu’attendent les députés européens pour prendre en compte le cycle de vie complet ?
A moins qu’ils soient bien conscients de la problématique et de l’incohérence de leurs décisions et que cela va conduire à demander à leurs électeurs de changer de moyens de déplacement, plus sûr moyen de les mettre dans la rue et de ne pas être réélus. Un manque évident de courage.

Posté le 01-04-2019 à 11:37:35 par Carmen

Que conseillez-vous comme fournisseur d’énergie verte ?

Posté le 01-04-2019 à 13:23:56 par Philou74

Bonjour,
pourquoi dans toutes les informations sur la lutte contre la pollution (CO2, etc...), il est toujours passé sous silence les plus grands pollueurs de notre planète : les centrales à charbon et surtout tout le transport maritime. Il m’a été dit qu’un seul porte-containers polluent plus que des milliers de véhicules thermiques (Essence diesel) ! De qui se moque-t-on, à vouloir culpabiliser les automobilistes ? Les armateurs sont les pollueurs avec leurs propriétaires milliardaires que nos rouges-verts semblent oublier dans leur combat capitalistiques ? Un retraité en colère (non GJ)

Posté le 01-04-2019 à 13:23:56 par Philou74

Bonjour,
pourquoi dans toutes les informations sur la lutte contre la pollution (CO2, etc...), il est toujours passé sous silence les plus grands pollueurs de notre planète : les centrales à charbon et surtout tout le transport maritime. Il m’a été dit qu’un seul porte-containers polluent plus que des milliers de véhicules thermiques (Essence diesel) ! De qui se moque-t-on, à vouloir culpabiliser les automobilistes ? Les armateurs sont les pollueurs avec leurs propriétaires milliardaires que nos rouges-verts semblent oublier dans leur combat capitalistiques ? Un retraité en colère (non GJ)

Posté le 01-04-2019 à 13:54:21 par Pascal

Un éclairage technique.
Pour savoir ou apprécier la part ou la probabilité d’énergie verte qui est fournie par le distributeur (ENEDIS dans l’immense majorité des cas) il faut identifier le poste HT BT (dit poste source) auquel le départ de sa ligne électrique est raccordée.
Supposons que sur celui ci s’injecte la production d’un parc éolien ou une grande centrale photovoltaïque la probabilité de" manger" des électrons verts est très importante quelque soit son fournisseur. A l’inverse plus ce poste sera alimenté par un poste THT lui même "gavé" d’électrons nucléaires, pas de doutes possibles, on mange du "nuke" quelque soit son fournisseur.
Il faut bien séparer les logiques commerciales (et les GO) et les contraintes physico techniques.

Posté le 01-04-2019 à 15:17:56 par Vérité

@Philou74
Croyez-vous que si il n’y avait pas de demande de transport de containers (au hasard pour transporter des cellules de batterie d’Asie en Europe), les armateurs s’amuseraient à les faire voyager à vide et sans revenus ?
Même question avec l’électricité ?
C’est bien le consommateur final le responsable de ce carnage.

@Pascal
Sur le transfo. à côté de chez moi sont raccordés l’installation PV d’un toit agricole (sa seule fonction étant de supporter des panneaux) et le groupe d’une unité de méthanisation.
Donc sans le vouloir j’arrive à recharger mon VAE avec de l’électricité renouvelable même si ce n’est pas avec mon panneau et sans même avoir besoin de me verdir avec un abonnement "vert" !!!

Posté le 01-04-2019 à 17:32:40 par Anthony

Les loi de la physique ne permettant pas de tracer les électrons (il n’y a pas plus d’électrons verts que d’électrons gris dans votre circuit électrique si vous êtes relié au réseau Enedis, désolé de vous l’annoncer).
C’est pourquoi, il ne faut pas chercher à savoir quels électrons arrivent chez vous mais plutôt, quels moyens de production je finance via ma facture d’électricité (une tracabilité économique en quelque sorte).
Pour ma part, je suis passé chez Enercoop depuis 6 ans, je sais parfaitement ou va l’argent de ma facture d’électricité, je ne finance plus le nucléaire ni le fossile. L’argent étant le nerf de la guerre, cela est à la fois facile, concrêt et efficace pour passer réellement à un modèle plus vertueux...
Ma facture d’électricité finance directement des producteurs hydraulique, éolien, solaire, biomasse, etc...

Posté le 01-04-2019 à 18:20:37 par Vérité

@Anthony
Je vous rassure quand il s’agira de démanteler les centrales nucléaires, vous financerez bien leur démantèlement via votre facture électrique et même si vous êtes chez un pseudo fournisseur vert qui aura bien été content pendant toutes ces années d’avoir de l’électricité bon marché à vous revendre issue des fameuses centrales.

Posté le 02-04-2019 à 09:12:29 par Pascal

@Anthony
Bonjour Anthony.
Je comprends votre motivation.
Mais étant relié au réseau de distribution vous acquittez comme tout le monde une part substantielle de votre facture à la gestion du réseau de transport et de distribution aux fins de renforcement, sécurisation, effacement...c’est le TURPE (tarif d’utilisation du réseau public d’électricité) régulé...environ 40 % de votre facture.
C’est la part versé fournisseur qui reviendra au financement d’une énergie alternative selon le choix du fournisseur par le client.
Ne pas croire que toute votre facture lui revient.

Posté le 02-04-2019 à 09:37:11 par Vérité

Sur ma dernière facture 24 % du HT correspondent aux taxes et contributions dont 14 % à la Contribution au Service Public d’Electricité (CSPE) qui porte très mal son nom puisqu’elle sert à soutenir le photovoltaïque à hauteur de 39 % et l’éolien à hauteur de 17 % (chiffre CRE de 2016).
Cette contribution est fonction de la consommation.
Donc sans même avoir besoin de me verdir avec un abonnement "vert", je participe bien au développement de l’électricité renouvelable.
Sur ces contributions est appliqué une TVA.
Il en ressort que la consommation HT ne représente même pas 50 % de la facture TTC. Ma consommation étant faible, la part de l’abonnement est très importante comparativement à quelqu’un qui consommerait plus que moi.
Lequel est le plus vertueux :
- quelqu’un qui consomme x kWh chez le fournisseur historique (qui en l’occurrence chez moi est un SD),
- quelqu’un qui consomme 2x kWh chez un fournisseur "vert" ?

Posté le 04-04-2019 à 14:29:54 par Jean-Marie

Rappels élémentaires de physico-chimie : on n’achète pas des électrons mais une énergie = un travail en kW.H, car aucune éolienne, aucun barrage ni aucun panneau photovoltaïque n’injecte dans le réseau des électrons verts qui seraient tombés du ciel pour être grignotés plus loin chez un consommateur !
Toutes les installations productrices connectées ajoutent une ddp (différence de potentiel électrique) qui, quand elle est suffisante pour éviter le black out, permet aux électrons constitutifs des atomes des conducteurs métalliques de circuler dans les circuits électriques, par exemple dans le circuit primaire des transformateurs qui chargent les batteries, ce qui permet de déplacer par induction dans un circuit secondaire les électrons contenus dans les composants des piles des batteries dès l’achat, via des réactions chimiques consommatrices d’énergie : aucun nouvel électron (même vert) ne rentre physiquement dans la batterie.
Tout ces mouvements d’électrons sont le produit d’une énergie captée ou consommée quelque part (charbon, gaz ...), ne serait-ce que pour les pousser dans le réseau, qui en perd beaucoup par effet Joule (à chauffer l’air ou le sol autour des cables sous tension). Alors quand un français sensible à la pub TV achète de l’excès d’énergie éolienne produite au Danemark à certaines heures, il s’en perd beaucoup en chemin. Sinon, elle se perdrait en allant en Suisse pour y être stockée par pompage vers des barrages hydroélectriques d’altitude, avant returbinage (et nouvelles pertes de rendement de conversion des formes d’énergie). Ainsi peut-on acheter de l’énergie verte dont la partie perdue en chemin sera fournie en énergie grise (fossile y compris nuke) ... d’où l’intérêt du label Premium pour notre information.
Enfin à la vitesse à laquelle se déplacent les électrons sous l’effet des diverses sources de ddp qui y concourrent, nul doute qu’ils ne sont pas tous verts même si on a une source d’EnR connectée pas loin.



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